La nomination du président de la Commission se fait maintenant en deux temps:

  1. Le Conseil de l’Europe, réunion des chefs d’Etat, propose un nom
  2. Le Parlement Européen vote et accepte ou refuse ce nom

Par les traités, le Conseil n’est nullement obligé de choisir une personnalité élue au Parlement Européen. Elle doit seulement le faire approuver par le Parlement

On pouvait donc avoir le 25 Mai un président désigné non démocratiquement suite à des discussions formelles et informelles entre chefs d’Etat, et des négociations forcement secrètes avec les partis européens pour qu’ils approuvent ce choix.

Par sa tribune dans Le Monde, (L’Europe que je veux) François Hollande vient de casser sciemment ce mécanisme et d’introduire plus de Démocratie dans l’organisation de l’Union européenne.
« Le résultat du scrutin  déterminera la direction que l’Europe prendra pour les cinq prochaines années, et les responsables qui l’incarneront. Pour la première fois, les électeurs, par leur vote, désigneront le futur président de la Commission européenne. Combien le savent aujourd’hui ? ».

En disant cela, F Hollande impose au Conseil de choisir le président de la commission parmi les personnalités désignées par les partis européens.

Angela Merkel n’a pas grande envie de voir des personnalités de caractère, comme Juncker, ou Schulz, un allemand, membre du parti avec lequel elle gouverne, elle proposerait même Christine Lagarde !!.
La Grande Bretagne ne veut surtout pas de Schulz, ni de Guy Verhofstadt, candidat des centristes, trop favorables à une plus grande intégration des pays.
Herman van Rompuy, président du Conseil de l’Europe se bat des quatre fers contre cette idée. Quel serait sa position, sa légitimité et son utilité devant le Président de la Commission élu?
Mais voilà, la désignation par le Conseil ne se fait plus à l’unanimité, mais à la majorité, et aucun pays ne peut plus mettre son veto.

Rien n’est gagné, les tractations continueront au sein du Conseil pour attirer les voix des petits pays; en cas de victoire du PPE, des compromis auront certainement lieu, si l’Allemagne ne veut pas Juncker. Il faudra encore choisir et désigner les commissaires (mais ils doivent être eux aussi approuvés par le Parlement). Le Parlement ne peut pas (sauf rares exceptions) être à l’origine des lois.
Il n’est pas aussi impossible, que faute d’une majorité claire au Parlement, les deux prétendants des deux grands partis, PSE,et PPE, soient écartés, mais qu’un compromis soit trouvé, en particulier avec l’ALDE centriste (question subsidiaire, à quel groupe les députés de l’UDI, élus sur les listes UMP, vont-ils s’inscrire?).

Le mandat de la commission Baroso prend fin en Octobre 2014: bien des choses vont avoir lieu entre temps

Mais c’est un pas vers la bonne direction, et c’est François Hollande qui l’a fait.

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