La complainte du Front de Gauche, de Nouvelle Donne et de la Gauche du PS est que la politique de l’offre est une politique libérale de droite, qu’elle ne peut pas réussir, que la politique de la demande; elle, est une politique de gauche, que c’est la seule qui peut réussir, la preuve, Roosevelt et le New Deal en 1932.

J’ai voulu en savoir un peu plus, et merci à Google et à Wikipedia, voilà le résultat de mes recherches.

En 1932, à son élection, les USA comptaient 24% de chômeurs.
D’abord, il est inexact, tout au moins incomplet, de dire que Roosevelt a pratiqué une politique directe de la demande. Il a d’abord entrepris la création d’agences fédérales pour entreprendre de grands projets, embaucher massivement dans ces agences, tout cela sur des fonds d’Etat. C’étaient donc avant tout des investissements, pas de redistribution. Ces mesures de redistribution sont arrivées plus tard.

En dehors de toute une série de lois, visant à réorganiser l’économie et à procurer des emplois aux jeunes chômeurs dans des agences d’état (tiens les emplois aidés?), et de ses « causeries » à la radio pour rétablir la confiance, deux mesures ont contribué à redresser l’économie:

  • d’abord la demande (ferme demande, une obligation patriotique) faite aux américains de verser leurs économies en or au Trésor américain,
  • et en Avril 33, l’abandon de l’étalon Or par ce même trésor.

Cet abandon a permis  de laisser filer le cours du Dollar et au Trésor de faire fonctionner la planche à billets.
A partir de là, Roosevelt injecta des sommes considérables dans des grands projets, instaura une planification de l’économie, instaura un salaire minimum et les 36 heures de travail hebdomadaire. D’accord, çà c’est de gauche (mais on a déjà fait, et çà n’a pas eu beaucoup de résultats).

Dans le même temps, conformément à ses promesses de campagne de réduire le déficit, Roosevelt  réduisit les pensions des vétérans de la première guerre mondiale, diminua le salaire et le nombre des fonctionnaires et réduisit le budget de l’armée, de l’éducation et de la recherche. Euh! c’est de gauche, çà?

Il n’hésita pas non plus à faire détruire des récoltes pour faire augmenter les prix des denrées agricoles et réduire l’endettement des agriculteurs. Sauf qu’à l’époque, tous les américains ne mangeaient pas à leur faim.
Augmenter les prix, et donc diminuer le pouvoir d’achat, c’est de gauche, çà?

La redistribution et donc une politique de la demande pure, n’intervient qu’avec la création d’une sécurité sociale, financement des retraites, une plus grande liberté de créer des syndicats pour défendre les salaires, ok, (mais on a déjà fait çà),

Le résultat: En 1937, il y avait encore 14% de chômeurs. Mais tout de suite, une autre crise relança le chômage pour atteindre 19% de chômeurs en 1939.
Je répète: en 1939, après 6 ans de New Deal, les USA comptaient 19% de chômeurs

Voilà le bilan du New Deal: d’énormes avancées sociales, la recomposition de l’industrie et l’aménagement de territoires jusqu’à là oubliés, la restructuration de l’agriculture, mais un déficit des finances publiques colossal.
Mais il n’y a aucune preuve objective que le New Deal eut une quelconque efficacité dans la lutte contre la crise, qui perdura jusqu’à ce que l’Amérique mobilise son économie pour la Seconde Guerre mondiale.

Cela n’a pu se faire que parce que, à cette époque, l’économie des USA était essentiellement interne; elle disposait des matières premières, des produits agricoles, des matières énergétiques, pétrole et charbon, de la technologie, son industrie était financée quasi exclusivement par des américains
Le monde globalisé n’existait pas encore.

Une autre différence: la crise de 29 et des années suivantes était due aussi (certains disent principalement) à  la faillite des banques, dont les dépôts des clients s’étaient effondrés, ce qui réduisait leurs capacités de crédit. (d’autres diront que c’est l’inverse: toujours l’œuf et la poule).
Les banques françaises,elles, se portent bien (trop bien, direz-vous) et le montant de l’épargne financière des français est de plus de 3000 milliards. En gros on a 1,5 année de PIB dans les comptes et qui ne servent pas à grand chose, même pas à souscrire aux emprunts d’état.

Mais, bien sur, cela ne convaincra que les déjà convaincus.

Post scriptum: Je n’ai toujours pas compris en quoi une politique, qui n’est qu’un outil pouvait être de droite ou de gauche, quand les hommes qui les mettent en place ont le même objectif: réduire le chômage et redistribuer plus équitablement les richesses produites.

 

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