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Le débat politique est focalisé actuellement sur la politique économique de François Hollande.
Pour être clair, je soutiens cette politique. Comme tous les gens de gauche, c’est vrai que j’aimerais plus de mesures sociales. plus de générosité vers les plus faibles.
Mais après la générosité de l’ancienne majorité vers les plus riches, qui a ajouté 600 milliards de dettes en cinq ans, le redressement des comptes de la nation est indispensable, si nous voulons garder notre indépendance financière et être capable dans le futur justement de financer une politique plus sociale.

En revanche je suis plus critique envers la politique étrangère actuelle, qui m’apparaît brouillonne et sans vision globale du futur.

Cette politique est orientée essentiellement sur le développement économique de la France à l’étranger, qui plus est avec une vision court terme. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais ce ne devrait pas être le seul but, même dans notre monde globalisé et apaisé (tout au moins en Europe).
Le rattachement du Commerce Extérieur et du Tourisme au Quai d’Orsay en est le parfait exemple. Les média et les commentateurs ont glosé sur la rivalité Montebourg – Fabius, mais ils n’ont pas, à mon sens, relevé la nature de ce rattachement. Avoir dans chaque pays, une politique économique cohérente et coordonnée sous l’autorité du représentant de la France me paraît une excellente chose. D’autres ont ironisé sur le Tourisme, ne voyant que l’aspect franchouillard de la chose, mais l’objectif est bien de faire venir le maximum de touristes étrangers chez nous et qu’ils y dépensent le maximum d’euros, les difficultés pour des citoyens d’un pays hors UE pour obtenir un visa dans le passé dans un consulat sont là aussi un bel exemple d’incohérence française.

Dans les bonnes choses (tout est relatif), il faut noter l’engagement de la France en Afrique. D’une part les opérations du Mali et de la RCA devaient être faites, à la fois pour préserver nos intérêts (pas d’hypocrisie), d’autre part pour éviter des guerres civiles et des massacres. Le rappel constant que ce sont les Africains qui doivent se gérer et que la France n’est là qu’en support, permet de penser que nous sommes sortis de cette Francafrique abominable des quinquennats précédents, même si les tentations sont toujours présentes.

Mes critiques sont au nombre de 3:

  • Le mutisme de la France au Moyen Orient du Liban à l’Egypte, en passant par Israël et la Palestine.
    Quoiqu’il se passe dans ces pays, aucune action n’apparaît, sinon des communiqués convenus, « regrettant », « déplorant », « encourageant » sans prise de position forte.
    Rien par exemple hier au point de presse du quai d’Orsay sur l’accord entre le Hamas et le Fatah en Palestine. Les diplomates sur place ne savaient pas qu’il y avait des discussions? ils n’avaient pas réfléchi à  cette éventualité? ils n’avaient pas dans leurs dossiers un scénario pour traiter cet événement?
  • Ne parlons pas de la Syrie et de la Lybie, où les actions diplomatiques sont inefficaces, par manque justement de vision long terme des précédents gouvernements .
  • Le manque d’initiative au Maghreb, pour relancer un pôle méditerranéen, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie, complètement foiré sous Sarkozy, mais qui pouvait être une bonne idée. Certes la situation politique interne de ces pays est actuellement confuse. Mais les liens historiques, même s’ils sont parfois douloureux, avec ces pays francophones permettraient de construire une communauté méditerranéenne, équilibrant les influences nordiques de l’Europe.
  • le suivisme de la politique US en ce qui concerne la Russie en général et l’Ukraine en particulier.
    Quels intérêts avons nous à nous mettre dans les pas des USA en ce qui concerne l’Ukraine? Quel gains en escomptons nous? Non seulement nous les suivons, mais, seul des pays de l’UE, nous rentrons physiquement et militairement dans leur dispositif, en disposant des avions dans les ex pays de l’Est, et en envoyant en Mer Noire 3 navires, une frégate Dupleix, un navire Dupuy de Lôme chargé de recueillir des renseignements électroniques, et l’Alysée une base de plongeurs des opérations spéciales.
    Alors que nous pourrions avoir une politique indépendante avec la Russie, pour développer nos relations avec le pays des BRIC le plus proche, nous avons un positionnement hostile envers elle et, refusons, par l’intermédiaire de l’UE toute ouverture.
    Même si actuellement, l’économie de la Russie n’est pas en grande forme, elle recèle d’immenses ressources naturelles et se positionne au Nord pour récupérer celles de l’Arctique. Elle comptera de plus en plus dans l’économie mondiale.
    Liée géographiquement à la Russie (et de plus en plus liée en politique étrangère)  la Chine aurait aussi intérêt à voir se développer un marché incluant l’Europe, la Russie, qui lui permettrait de transférer une partie de son économie essentiellement littorale vers ses provinces intérieures.
    Nous sommes en train de manquer une occasion splendide.
    (pour plus de détail sur ce point voir le congrès de Géopolitique qui s’est tenu à Grenoble avec pour thème: Eurasie, l’avenir de l’Europe?

Mais peu importe, la politique étrangère en France n’a jamais fait gagné un point de popularité dans les sondages, ni été un thème de campagne pour personne.

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