Pourquoi je n’irai pas à la marche de Dimanche 11

Oui, hier j’ai dit exactement le contraire, mais les circonstances ont changé.

Unité, lutte pour la liberté d’expression, tous ensemble pour les valeurs de la République, d’accord.

Mais
– défiler avec Netanayhu, qui il y a peu, a fait tuer 3000 civils palestiniens et qui la veille demandait aux juifs de France* de se désolidariser de la République Française en les invitant en Israël
– défiler avec Viktor Orban pour la liberté d’expression et contre le racisme
– défiler avec Lavrov pour la démocratie
– défiler Ali Bongo, Porochenko, etc.
Défiler avec ceux qui parlent de guerre, de luttes de civilisations, avec ceux qui demain à l’assemblée vont réclamer encore plus de lois liberticides, avec ceux qui dans les prochaines élections ne respecteront pas le pacte républicain et se serviront des attentats pour engranger les voix islamophobes, antisémites, racistes.

Je soutiens le Président, je suis militant et je soutiens un parti (enfin, le plus souvent).
Mais je suis un homme libre, je pense que mes actions m’engagent individuellement, et je ne suis pas un mouton, qui suit des directives.

Non, décidément, je n’irais pas marcher avec ces gens là.

* A la relecture, j’ai laissé cette expression car c’est celle qu’il a employée, mais pour moi ( et je l’espère pour eux) ce sont des individus de nationalité française et de religion hébraïque.

Pourquoi j’irais à la manif de Dimanche 11 #CharlieHebdo

Manifestation de Dimanche.
J’irai à cette manifestation.
Hier, je n’en avais pas l’intention. Je trouvais que cet appel à manifester par les organisations politiques, syndicales ou autres était inopportune et elle me semblait plus suscité par le désir des différents responsables politiques de récupérer l’évènement à leur profit et pour leur image et pour apparaître sur les écrans télé.
Je trouvais que la mobilisation quasi spontanée et immédiate des français le soir du drame était belle, émouvante et beaucoup plus représentative de ceux qui aimaient Charlie Hebdo et sa ligne éditoriale.
J’ai changé d’avis pour deux raisons:
– d’abord la participation de responsables politiques étrangers (bien que je décèle certaines arrières pensées), ce qui en fait une manifestation internationale
– ensuite par l’analyse de commentateurs spécialistes de l’islam et du moyen orient, expliquant que les objectifs des djihadistes sont de montrer que les nations occidentales ayant perdu leur religiosité, sont en déclin, ont perdu leurs valeurs et leur cohésion,  et sont devenues faibles.
Il est donc important et indispensable de montrer qu’il n’en est rien, que, au delà de nos désaccords internes, nous sommes liés par nos valeurs communes.
Toutes proportions gardées et en mesurant parfaitement la différence des risques encourus, cette manifestation s’apparente à celles des étudiants parisiens du 11 Novembre 1940 et du 14 juillet 1941.
Etant en France actuellement, je participerais donc à cette manifestation à Lyon, à 14 heures Metro D Monplaisir

Après le 25 Mai, le retour aux joies du parlementarisme dans l’UE

Il y a bien longtemps, que nous les Français, avons oublié les subtilités du parlementarisme. Et beaucoup vont être surpris quand il s’agira de nommer le président de la commission européenne.
Je vais essayer d’expliquer ce qui va se passer

D’abord, un petit rappel de la règle du parlementarisme.
Dans un pays qui est dans un régime parlementaire pur, après l’élection des députés, le président ou le chef de l’état au vu des résultats, appelle le représentant du parti arrivé en tête et lui demande de former un gouvernement dont le programme pourra être approuvé par la majorité des députés. Alors commencent une série d’entretiens avec les autres partis, un accord sur un programme de gouvernement, les noms des ministres. Et après tout un tas de compromis, ils arrivent à avoir une majorité et un programme, qui bien sur ne correspond plus du tout à ceux qui avaient été annoncés par les partis, puisque c’est un compromis.

Alors quel rapport avec l’Europe, me direz vous?
Eh bien, çà sera presque la même chose.
Par sa tribune du Monde, F Hollande a dit que le président de la commission ne pourrait être qu’un des candidats présentés par les partis européens et va donc forcer le conseil européen à respecter le choix des électeurs. Je l’avais déjà dit dans un précédent billet
D
onc, après le 25 Juin, les chefs d’états chercheront quel est le parti arrivé en tête, quel est son candidat et s’il a une chance d’être approuvé par le parlement.
De leur côté, les candidats, en fait les trois premiers, Juncker, Schultz, Verhofsdat (désolé pour Bové, Tsipras, etc., ils n’ont absolument aucune chance d’être « nominés » par le conseil), commenceront à sonder les autres partis, discuteront avec eux des différents points de leur programme, et chercheront à construire une majorité, bien sur en faisant des concessions sur certains points (BCE, TAFTA, politique agricole, convergence fiscale, présidence et vice présidences du parlement, présidences des commissions parlementaires, des délégations,…).
Après ces tractations dans le conseil et ces tractations dans le parlement, le conseil proposera un nom.
Lequel?
Celui que le parlement ne 
rejettera pas.

Mais Qui?
D’abord une projection de ce que pourrait être le parlement le 25 mai: Ce n’est qu’un exemple,

Source Europal.europa.eu

Dans cette projection, ceux qui ont clairement dits qu’ils voteraient pour Schultz, PSE et les Verts arrivent à 249 voix.
Le GUE/NGL, (en france PC, PG, en Grèce Syriza), on ne sait pas leur position, Schultz ou abstention.
Soyons fous, imaginons que toute la gauche vote Schultz: 296 voix.
De l’autre côté, il est clair que toute la droite va voter contre (455 voix). Schultz est lessivé.

Si c’est Juncker qui est proposé, il s’est déjà attaché les voix des anglais en disant qu’il renégocierait le statut de UK. Il passe haut la main. La seule opposition serait un veto de Hollande. Et alors, c’est Verhofsdat qui a des chances

Sauf si Schultz réussit à débaucher quelques copains allemands du PPE, mais naturellement avec des contre parties: plus de fédéralisme pour les centristes, moins de taxe tobin et de réglementations bancaires pour les anglais, pas de souplesse sur les activités de la BCE pour les allemands, nominations de quelques commissaires amis, etc. pour éviter qu’ils votent contre lui et qu’ils s’abstiennent.

Les Italiens, familiers de ce jeu, appellent çà « combinazioni ».

Voilà les joies du parlementarisme qui nous attendent. (Quand je pense que certains voudraient revenir à çà en France! )

Conclusion
Le suspense va rester entier, jusqu’en octobre 2014, date à laquelle la commission Baroso achèvera son mandat Il y aura ensuite la nomination des commissaires, encore des compromis entre le nouveau président, le conseil européen, le parlement, avec un subtil panachage entre nationalités, positions politiques, pressions des chefs d’état.

J’ai bien peur qu’au bout du compte, nous soyons tous déçus

 

 


 

 

Réponse à l’article « la maison et la raison » du blog Politeeks

Un débat s’st ouvert sur le web entre deux blogs, celui de Jegoun dans l’article Debout, les batavos-sceptiques ! et celui de Politeeks qui lui répond dans l’article UE2014 : la maison et la raison .

Je m’insère dans ce débat, mais comme ma réponse à Politeeks est un peu longue, j’en ai fait ce billet

D’abord, par rapport au positionnement générale de Nouvelle Donne, je suis comme Jegoun: je ne comprends pas quel est le véritable but de ce nouveau partir
Est ce un parti de gouvernement, c’est à dire, est-il prêt à infléchir son discours, à faire des compromis, à faire alliance avec d’autres, à soutenir voire participer à une politique différente de l’exhaustivité de la sienne, forcement dans une position de minoritaire, vu son jeune age?
Ou est il un parti, campé sur ses positions, attendant d’avoir la majorité des voix des citoyens pour former un gouvernement pour appliquer rigoureusement son programme? et, en attendant, refusant et vilipendant toute mesure qui ne serait pas une de celles qu’il propose, préférant le « rien » à « un petit peu ».

La question se pose déjà pour les Européennes. les députés de Nouvelle Donne qui seront élus (et je souhaite sincèrement qu’il y en ait), dans quel groupe s’inscriront ils? le PSE, les verts, les centristes? Voteront ils pour Martin Schulz pour faire échec aux candidats ultra-libéraux du PPE et de l’ALDR?

Je comprends qu’électoralement, Nouvelle Donne ne peut donner la réponse, sans perdre des voix, car pourquoi voter pour eux, s’ils doivent rejoindre un autre groupe. Mais j’aimerais avoir un début de réponse, comme par exemple « nous ferons tout  pour ne pas faire élire Juncker ». Mais rien ne vient.

Revenons au programme de Nouvelle Donne pour les Européennes, et examinons point par point ses 10 points phares

Point 1 Face à une Europe à 28 inefficace et pas démocratique
La réponse de Nouvelle Donne :
Créer une Zone d’Action à quelques pays, partageant les mêmes objectifs

Commentaire 1:
La coopération renforcée existe, bien sur, mais elle fonctionne sur des points précis et limités. Pour rendre l’Europe plus efficace sur tous les points, il faudrait donc trouver des pays, partageant en même temps TOUS les mêmes objectifs et ce, même si les gouvernements nationaux changent au gré des élections. Je ne vois pas comment çà peut marcher.
Et quels pays? Je vois bien à peu près les mêmes objectifs entre les pays du Nord d’une part, et les pays du Sud, d’autre part, d’un coté les riches et vertueux, de l’autre les pauvres et prodigues. On coupe l’Europe en deux? et nous, on va avec qui?
J’ai peine à imaginer aussi un responsable français aller au Conseil de l’Europe proposer cela, et ensuite, en imaginant qu’il trouve un écho, réécrire tous les traités, les faire approuver d’abord par les 28 pays (sinon çà veut dire qu’on casse les traités existants et les états qui ne veulent pas signer les nouveaux nous réclameront des pénalités) et ensuite naturellement par référendum dans chacun des pays. Deux quinquennats n’y suffiront pas:
Première proposition de Nouvelle Donne irréalisable pendant 10 ans, pendant ce temps là, les problèmes subsistent.

Point 2. Face aux dégâts de l’austérité
La réponse de Nouvelle Donne :
Refinancer la « vieille dette » des Etats à 1%
Doter l’Union européenne de nouvelles ressources propres 
Récupérer l’argent de la fraude et de l’évasion fiscale

Commentaire 2:
Les deux premiers points, pleins de bonnes intentions, demandent une négociation avec les Etats pour changer les traités:

  • refinancer la dette à 1%, il faut modifier le rôle de la BCE. Il me semble que c’est aussi dans les idées du PS, mais la plupart des états « vertueux » s’y refusent, et il faut modifier les traités, à l’unanimité. ça va être très long.
  • Doter l ‘Union de ressources propres, c’est instaurer un impôt dans tous les pays quelles que soient leurs ressources et leurs politiques fiscales. Lever les impôts est un droit régalien, c’est donc un abandon de souveraineté, et là, je suis d’accord, il faut un référendum. Mais faire un référendum pour demander si on veut un nouvel impôt, je connais tout de suite la réponse, ce sera NON. Pour que çà marche il faut d’abord passer par un fédéralisme, c’est pas demain la veille.
  • Récupérer l’argent de la fraude et de l’évasion fiscale: bien sur, ya ka !

Point 3 Face à la course au moins-disant social
La réponse de Nouvelle Donne :
Négocier un Traité social
Instaurer un salaire anti-dumping

Commentaire 3:
Négocier un traité social: Encore une négociation. Ah! J’oubliais, dans le point 1 on a sélectionné les pays qui sont d’accord avec nous. Mais implanter le modèle social français dans d’autres pays soit au bord du gouffre, comme les pays du Sud, ou des pays pauvres comme ceux de l’est, n’est ni simple, ni respectueux des différences. C’est contraindre les pays qui n’ont pas obligatoirement les mêmes valeurs que nous (parce que pas la même histoire), à se fondre dans notre contexte. Encore une fois, tant que nous ne serons pas arriver à un fédéralisme, c’est à dire un vrai citoyenneté européenne, çà ne peut pas marcher.
Instaurer un salaire anti-dumping: je vous signale qu’il y a déjà une directive européenne sur les salaires des travailleurs détachés depuis Décembre 2013. Bon on peut toujours l’améliorer. Un salaire anti-dumping européen signifie un Smic européen, acceptable économiquement par tous les pays, y compris les plus pauvres, sans que leur économie ne s’effondre. Donc, le Smic français sera diminué: il y a des syndicalistes parmi vous? qu’est ce qu’ils en pensent: diminuer le Smic, Gattaz a une carte de Nouvelle Donne?

Point 4 Face à l’emprise de la finance
La réponse de Nouvelle Donne :
Favoriser l’investissement et pénaliser la spéculation

Commentaire 4:
Favoriser l’investissement: ok, je suis d’accord, mais comment?  en diminuant les charges des entreprises? en diminuant l’impôt sur les sociétés? C’est en cours, Nouvelle Donne approuve le pacte de responsabilité?
Pénaliser la spéculation: les bras m’en tombent: la spéculation a lieu entre Wall Street, Londres, Hong kong, Singapour, Tokyo, et Francfort-Paris. Je veux bien qu’on interdise la spéculation à Francfort et Paris, mais Londres nous dira « Fuck » et les autres ne nous répondront même pas.

Point 4 Face au blocage monétaire et au risque de déflation
La réponse de Nouvelle Donne :
Lancer l’euro-franc, une monnaie supplémentaire de pouvoir d’achat émise par la Banque de
France  

Commentaire 5
L’idée est donc, pour augmenter le pouvoir d’achat des Français, d’avoir une monnaie, qui pourra être dévaluée au gré des besoins, en interne. L’inconvénient c’est qu’elle ne pourrait pas être utilisée dans les échanges commerciaux internationaux, car quel est le vendeur ou l’acheteur qui signerait un contrat dans cette monnaie, sachant que sa valeur pourrait être diminuée à la réalisation. Tous les achats et les ventes seraient donc libellés en Dollars, Yen, ou Euros. Et çà ne diminuerait pas la dette de l’Etat, car les emprunts, toujours nécessaires à cause du déficit budgétaire seraient libellés aussi, et pour la même raison en devises fortes, faisant encore descendre cette monnaie par rapport aux autres.
Les acteurs économiques français, pour se prémunir achèteront des devises étrangères, la spéculation sur cet euro-franc serait gigantesque, et il faudrait réinstaurer le contrôle des changes. J’ai connu. Merci bien. autant utiliser le bitcoin.
(Note: Si çà se fait, penser à acheter des actions des sociétés informatiques: elles s’étaient faites des couilles en or quand on est passé du Franc à l’Euro).

Point 6 Face à la crise écologique
La réponse de Nouvelle Donne :
Investir 1000 milliards pour le climat et la recherche : la BCE prête, via la BEI, 1% du PIB de
chaque pays au taux de 0,1%  

Commentaire 6
D’accord, toujours le problème de la BCE, mais pourquoi pas; sauf que j’ai du mal avec les chiffres (enfin vous): le PIB total de l’UE était en 2012 de 12 945,402 mds. 1% çà fait 130 Mds.  (c’est Gaccio qui avait la calculette?). Pour avoir mille milliards, il faudrait donc 8%: çà fait 148 Mds de dette supplémentaire pour la France, mais çà peut être utile pour investir.
Mais ne vous cachez pas derrière la Crise écologique (c’est pour attraper les voix des verts?) : elle est mondiale,  surtout asiatique et américaine. A part l’Allemagne qui nous pollue avec son CO2 des centrales à charbon, l’impact de l’Europe sur l’écologie est relativement faible. 

Point 7 Face au déficit démocratique
La réponse de Nouvelle Donne :
Soumettre tout nouveau Traité à référendum

Commentaire 7
Je ne m’étendrai pas sur le fait que les référendums ne sont pas synonymes de démocratie parfaite, loin de là.
Mais c’est là qu’on voit que, le programme de Nouvelle Donne ne sert à rien et est irréalisable: dans l’état actuel de l’opinion sur l’Europe, quelque soit le sujet, tout référendum obtiendra un NON franc et massif dans un bon nombre de pays, à commencer par la France.

PS: je viens de comprendre qu’il y a 7 points, mais 10 réponses, vous êtes décidément compliqués: tant pis, je ne recommence pas le billet

 

 

 

F Hollande impose la démocratie à l’Europe

La nomination du président de la Commission se fait maintenant en deux temps:

  1. Le Conseil de l’Europe, réunion des chefs d’Etat, propose un nom
  2. Le Parlement Européen vote et accepte ou refuse ce nom

Par les traités, le Conseil n’est nullement obligé de choisir une personnalité élue au Parlement Européen. Elle doit seulement le faire approuver par le Parlement

On pouvait donc avoir le 25 Mai un président désigné non démocratiquement suite à des discussions formelles et informelles entre chefs d’Etat, et des négociations forcement secrètes avec les partis européens pour qu’ils approuvent ce choix.

Par sa tribune dans Le Monde, (L’Europe que je veux) François Hollande vient de casser sciemment ce mécanisme et d’introduire plus de Démocratie dans l’organisation de l’Union européenne.
« Le résultat du scrutin  déterminera la direction que l’Europe prendra pour les cinq prochaines années, et les responsables qui l’incarneront. Pour la première fois, les électeurs, par leur vote, désigneront le futur président de la Commission européenne. Combien le savent aujourd’hui ? ».

En disant cela, F Hollande impose au Conseil de choisir le président de la commission parmi les personnalités désignées par les partis européens.

Angela Merkel n’a pas grande envie de voir des personnalités de caractère, comme Juncker, ou Schulz, un allemand, membre du parti avec lequel elle gouverne, elle proposerait même Christine Lagarde !!.
La Grande Bretagne ne veut surtout pas de Schulz, ni de Guy Verhofstadt, candidat des centristes, trop favorables à une plus grande intégration des pays.
Herman van Rompuy, président du Conseil de l’Europe se bat des quatre fers contre cette idée. Quel serait sa position, sa légitimité et son utilité devant le Président de la Commission élu?
Mais voilà, la désignation par le Conseil ne se fait plus à l’unanimité, mais à la majorité, et aucun pays ne peut plus mettre son veto.

Rien n’est gagné, les tractations continueront au sein du Conseil pour attirer les voix des petits pays; en cas de victoire du PPE, des compromis auront certainement lieu, si l’Allemagne ne veut pas Juncker. Il faudra encore choisir et désigner les commissaires (mais ils doivent être eux aussi approuvés par le Parlement). Le Parlement ne peut pas (sauf rares exceptions) être à l’origine des lois.
Il n’est pas aussi impossible, que faute d’une majorité claire au Parlement, les deux prétendants des deux grands partis, PSE,et PPE, soient écartés, mais qu’un compromis soit trouvé, en particulier avec l’ALDE centriste (question subsidiaire, à quel groupe les députés de l’UDI, élus sur les listes UMP, vont-ils s’inscrire?).

Le mandat de la commission Baroso prend fin en Octobre 2014: bien des choses vont avoir lieu entre temps

Mais c’est un pas vers la bonne direction, et c’est François Hollande qui l’a fait.

Un peu d’Histoire à propos de Roosevelt et du New Deal

La complainte du Front de Gauche, de Nouvelle Donne et de la Gauche du PS est que la politique de l’offre est une politique libérale de droite, qu’elle ne peut pas réussir, que la politique de la demande; elle, est une politique de gauche, que c’est la seule qui peut réussir, la preuve, Roosevelt et le New Deal en 1932.

J’ai voulu en savoir un peu plus, et merci à Google et à Wikipedia, voilà le résultat de mes recherches.

En 1932, à son élection, les USA comptaient 24% de chômeurs.
D’abord, il est inexact, tout au moins incomplet, de dire que Roosevelt a pratiqué une politique directe de la demande. Il a d’abord entrepris la création d’agences fédérales pour entreprendre de grands projets, embaucher massivement dans ces agences, tout cela sur des fonds d’Etat. C’étaient donc avant tout des investissements, pas de redistribution. Ces mesures de redistribution sont arrivées plus tard.

En dehors de toute une série de lois, visant à réorganiser l’économie et à procurer des emplois aux jeunes chômeurs dans des agences d’état (tiens les emplois aidés?), et de ses « causeries » à la radio pour rétablir la confiance, deux mesures ont contribué à redresser l’économie:

  • d’abord la demande (ferme demande, une obligation patriotique) faite aux américains de verser leurs économies en or au Trésor américain,
  • et en Avril 33, l’abandon de l’étalon Or par ce même trésor.

Cet abandon a permis  de laisser filer le cours du Dollar et au Trésor de faire fonctionner la planche à billets.
A partir de là, Roosevelt injecta des sommes considérables dans des grands projets, instaura une planification de l’économie, instaura un salaire minimum et les 36 heures de travail hebdomadaire. D’accord, çà c’est de gauche (mais on a déjà fait, et çà n’a pas eu beaucoup de résultats).

Dans le même temps, conformément à ses promesses de campagne de réduire le déficit, Roosevelt  réduisit les pensions des vétérans de la première guerre mondiale, diminua le salaire et le nombre des fonctionnaires et réduisit le budget de l’armée, de l’éducation et de la recherche. Euh! c’est de gauche, çà?

Il n’hésita pas non plus à faire détruire des récoltes pour faire augmenter les prix des denrées agricoles et réduire l’endettement des agriculteurs. Sauf qu’à l’époque, tous les américains ne mangeaient pas à leur faim.
Augmenter les prix, et donc diminuer le pouvoir d’achat, c’est de gauche, çà?

La redistribution et donc une politique de la demande pure, n’intervient qu’avec la création d’une sécurité sociale, financement des retraites, une plus grande liberté de créer des syndicats pour défendre les salaires, ok, (mais on a déjà fait çà),

Le résultat: En 1937, il y avait encore 14% de chômeurs. Mais tout de suite, une autre crise relança le chômage pour atteindre 19% de chômeurs en 1939.
Je répète: en 1939, après 6 ans de New Deal, les USA comptaient 19% de chômeurs

Voilà le bilan du New Deal: d’énormes avancées sociales, la recomposition de l’industrie et l’aménagement de territoires jusqu’à là oubliés, la restructuration de l’agriculture, mais un déficit des finances publiques colossal.
Mais il n’y a aucune preuve objective que le New Deal eut une quelconque efficacité dans la lutte contre la crise, qui perdura jusqu’à ce que l’Amérique mobilise son économie pour la Seconde Guerre mondiale.

Cela n’a pu se faire que parce que, à cette époque, l’économie des USA était essentiellement interne; elle disposait des matières premières, des produits agricoles, des matières énergétiques, pétrole et charbon, de la technologie, son industrie était financée quasi exclusivement par des américains
Le monde globalisé n’existait pas encore.

Une autre différence: la crise de 29 et des années suivantes était due aussi (certains disent principalement) à  la faillite des banques, dont les dépôts des clients s’étaient effondrés, ce qui réduisait leurs capacités de crédit. (d’autres diront que c’est l’inverse: toujours l’œuf et la poule).
Les banques françaises,elles, se portent bien (trop bien, direz-vous) et le montant de l’épargne financière des français est de plus de 3000 milliards. En gros on a 1,5 année de PIB dans les comptes et qui ne servent pas à grand chose, même pas à souscrire aux emprunts d’état.

Mais, bien sur, cela ne convaincra que les déjà convaincus.

Post scriptum: Je n’ai toujours pas compris en quoi une politique, qui n’est qu’un outil pouvait être de droite ou de gauche, quand les hommes qui les mettent en place ont le même objectif: réduire le chômage et redistribuer plus équitablement les richesses produites.

 

Tout çà pour çà

Bon, une bonne chose de faîte: le pacte est approuvé par la majorité des députés socialistes.
41 se sont abstenus, me direz-vous? Et alors?
Après avoir bien ronchonné, expliqué sur tous les plateaux télé et radios, qu’ils ne pouvaient pas accepter ce plan, finalement, ils sont allés à la pêche.

Car c’est ce qu’ils ont fait.
Comme ceux qui se sont abstenus pour les municipales, ou ceux qui vont s’abstenir pour les européennes et qu’ils ont fustigés en disant qu’en démocratie, il faut s’exprimer et faire des choix. Ils étaient farouchement contre, disaient que c’était un scandale, un renoncement aux valeurs.
Mais finalement, ils n’ont pas fait de choix, ils se sont désintéressés du résultat et ils ont accepté que ce pacte tant décrié soit voté.

Et ils ont eu raison!

Pas seulement parce que ce pacte est bon, mais parce que ce vote ne sert à rien.
Ce n’est qu’un projet, il n’est pas opérationnel, rien ne va changer. Il n’est même pas soumis au Sénat. Le gouvernement n’a pas engagé sa responsabilité. Ce n’est qu’un complément à la déclaration de politique générale déjà votée.
Tant qu’il n’y aura pas de lois, de décrets, ce n’est qu’un discours. et des lois il en faudra plusieurs, car ce pacte touche beaucoup de sujets, qui concernent plusieurs ministères, plusieurs codes.

Que feront ils maintenant? Vont ils déposer des amendements à chaque article pour modifier ce pacte, pour augmenter les mesures en faveur des salariés et retraités, pour diminuer les mesures en faveur des entreprises? On ne sait pas. En toute logique, c’est ce à quoi je m’attendrai. Et c’est bien le rôle des députés, comme ils le réclament. et il n’était nul besoin de tout ce tapage pour être efficace, il suffisait d’utiliser les moyens qu’a chaque député pour arriver au même résultat, sans se répandre dans tous les médias, en faisant se plier de rire toute l’opposition

Alors à quoi aura servie cette « Fronde ». A rien. Si, à faire chier Pépère.
J’aurai même tendance à penser que certains, atteint de mutisme aiguë, cachés dans des ministères, ou dans les mairies du Nord, pourraient s’en réjouir.
Des difficultés à l’intérieur du PS? Bah, il y en a eu et il y en aura bien d’autres, c’est consubstantiel à ce parti. Depuis 1905, il y a toujours eu des divergences. Jaurès a été critiqué, Leon Blum a été critiqué, Mendès a été critiqué. On voit que F Hollande est un vrai héritier de ces hommes, au moins sur ce plan là.

Il reste maintenant à repartir, pour gagner les Européennes, tout au moins ne pas trop perdre. C’est là que les choses peuvent effectivement changer, en desserrant l’étau du déficit et de la BCE. pour relancer la croissance en Europe. Là nous sommes tous d’accord.

Alors au boulot

 

Le Point et Ségolène: Pourquoi tant de haine

Le Point récidive et s’attaque de nouveau à Ségolène Royal.

Après l’épisode du décolleté, il s’en prend maintenant à sa supposée incompétence sur l »Energie.
Et le prétexte est, non pas une déclaration ou une décision de la Ministre, mais seulement de sa participation au comité de crise sur Alstom.

Le Point utilise donc une crise dans une entreprise, dont l’origine remonte aux décisions inconsidérées du précédent Président, pour se payer Ségolène. La perte d’une entreprise française, les licenciements à venir, l’affaiblissement de l’indépendance énergétique de la France, le Point s’en fout. Ce qui l’intéresse, c’est de « se faire » Ségolène .

Tout y est.
D’abord l’accroche: « elle est plus chabichou qu’industrie lourde ». En oubliant que c’était son rôle, voire son devoir en tant que présidente de région de promouvoir ses produits et que le secteur agroalimentaire contribue positivement à la balance commerciale de la France

La photo ensuite: soigneusement choisie, bravo le documentaliste, les yeux un peu écarquillés, les mains en prière devant la bouche, donnant vraiment l’impression qu’elle ne comprend rien à ce qui se passe, voire même qu’elle en a peur.

Le texte enfin:
d’abord une phrase odieuse: elle serait « heureuse » du problème d’Alstom, car cela lui permet d’être dans le comité de crise. Quelle bassesse! Je pourrais dire la même chose de la journaliste: elle est heureuse du problème d’Alstom car cela lui permet de faire un papier.
Ensuite un retour 7 ans en arrière, en allant chercher une phrase dans un débat qui a  duré plus d’une heure. Ok, elle s’est plantée, mais Sarkozy aussi.
Enfin l’amalgame avec les difficultés de Mia Electric. Amalgame en confondant les difficultés d’une start-up qui produit une voiture utilisant l’électricité, avec un groupe industriel qui produit des équipements pour produire de l’électricité. Et là encore, une délectation dans le fait qu’une entreprise est en train de fermer et que la moitié des postes sera supprimée.
Dernier coup de pied de l’âne, en plaisantant sur le fait que l’objectif de 100000 emplois demandés par Ségolène Royal ne commencerait pas en Poitou-Charentes. Là encore, le fait que des chômeurs retrouvent du travail n’est pas la préoccupation du Point.

Voilà pourquoi je trouve cet article répugnant, encore plus que le coup du décolleté.
Pour satisfaire je ne sais quelle antipathie ou servir je ne sais qui, le Point n’hésite pas à utiliser les difficultés de l’industrie française, difficultés largement dues à l’absence de politique industrielle de tout les gouvernements qu’il a toujours soutenu

Pour juger sur pièce, c’est ici

 

 

Essayons d’y voir clair entre « Frondeurs » et « Vallsiens »

Quelle est la Question ?

Au milieu de toutes les déclarations des uns et des autres, invectives, noms d’oiseaux, je n’arrivais plus à déterminer la véritable question à l’origine de cette bataille entre Frondeurs et Vallsiens. Je devrais dire plutôt Hollandistes, mais continuons à entretenir cette fiction que c’est le Premier Ministre qui conduit la politique de la Nation.

La question est donc: « Le président (pardon, le premier ministre) doit il changer de politique économique ? »

Du coté Hollande/ Valls: Réduction des dépenses de l’Etat pour réduire les déficits, baisse des charges des entreprises pour qu’elles investissent et embauchent afin que les français consomment plus et que la croissance revienne. En parallèle, discuter avec Bruxelles (et les Allemands) pour qu’ils nous lâchent un peu la grappe sur le déficit et la valeur de l’Euro, pour récupérer du pognon et en donner un peu aux français pour qu’ils consomment plus tôt.

Du coté « Fronde »: Ne baissons pas les charges des entreprises, donnons du pognon aux français tout de suite, pour qu’ils consomment, investissons dans de grands projets, et Fuck Bruxelles.

Notons au passage, que baisser les charges des entreprises ou investir dans de grands projets, c’est quasiment la même chose: c’est donner directement du fric aux entreprises pour qu’elles fassent quelque chose dont la rentabilité et le retour ne sont pas assurés. L’investissement direct a quand même un avantage c’est qu’on peut garder le contrôle du fric, à condition que les représentants de l’État aux conseils d’administration y comprennent quelque chose, et le passé nous dit que c’est pas gagné.

Quelle est la situation économique actuelle ?

Le PIB 2013 (la richesse que tous les français produisent chaque année) est de 2059 Milliards.
La dette publique (somme de tous les emprunts non encore remboursés et de leurs intérêts) est de 1925 Milliards, soit 93,5%.
Le déficit budgétaire, différence entre les recettes et les dépenses de l’état, a été de 88 Milliards, soit 4,3% du PIB.
Donc, pour pouvoir payer les dépenses, il a fallu emprunter ces 88 Mds cette année. Et donc rajouter de la dette.

Le gouvernement de Valls ne veut pas emprunter l’an prochain plus de 66 Mds , et donc réduire le déficit à 3% du PIB)
D’où la nécessiter de baisser les dépenses de 50 mds, en espérant que le PIB augmentera avec une croissance de 1,7% (çà fait pas le compte, il manque 10 Mds disent Bruxelles et la Droite).
Pour revenir à l’équilibre (déficit à 0) il faudrait 150 Mds, c’est ce que dit Copé, mais comme quand il était Ministre du Budget ou qu’il compte des bulletins de vote, il se trompe dans les chiffres, il dit 130. (c’est curieux, il ne se trompe jamais dans ses comptes ou ceux de ses amis).

Conséquences des choix

Dans le cas de Hollande, son choix repose sur l’hypothèse que les acteurs économiques, entreprises, syndicats, citoyens comprennent le situation et se comportent en acteurs responsables. Les conséquences négatives sont la fronde d’une partie de la gauche (on y est), une stagnation (temporaire, on l’espère) du pouvoir d’achat des plus démunis et, en cas d’échec, le retour de la Droite au pouvoir en 2017 ou même avant.

Dans le cas de la Fronde, le choix est donc, en aggravant la dette, d’abandonner l’objectif des 3% et repose sur l’hypothèse que Bruxelles ne nous collera pas une amende monstrueuse (comme les traités le permettent), que devant l’aggravation de la dette, les banques consentiront à la financer sans élever trop les taux d’intérêts, que la consommation supplémentaire des français profitera aux entreprises industrielles françaises, qu’elles investiront leur supplément de chiffre d’affaire dans de nouveaux projets et que partant de là, elles embaucheront et que la croissance reviendra. Tout cela dans un délai de deux ans. En cas d’échec, le retour de la Droite en 2017.

Mon opinion (si çà intéresse quelqu’un)

Je ne crois pas du tout, actuellement, à la réussite d’une politique de la demande. Elle n’a vraiment produit d »effet, que dans un pays, il y a 75 ans, dans un contexte complètement différend et une économie d’état et non mondiale. Elle aboutirait à des tensions très fortes à l’intérieur de l’Europe et pourrait conduire à son éclatement entre Nord et Sud. Si la France donne ce mauvais exemple, d’autres pays la suivraient. Pourquoi l’Italie, l’Espagne, le Portugal continueraient elles à massacrer leurs fonctionnaires et leurs retraités, si la France abandonne les principes des traités européens ?
Je ne crois pas non plus à la possibilité de réussir dans un délai de deux ans. Les cycles des entreprises, entre chiffre d’affaire accru et investissement sont beaucoup trop longs pour que les projets sortent, que les embauchent repartent et que la croissance revienne. 2017 arriverait avant la réussite et la Gauche sera balayé.
De plus, elle demande un nouveau remaniement et c’est politiquement impossible.

Je crois en revanche, aux investissements rapides dans les entreprises innovantes, si une baisse des charges leur permet dans les six mois, un retour sur investissement. Je pense que les premiers frémissements de la réussite du plan de F Hollande commencent à se voir, et tout changement actuel casserait cela.
Je crois aussi à l’intelligence des patrons. S’ils voient une possibilité d’accroître leurs entreprises et de grandir, ils préféreront jouer ce jeu là plutôt que de jouer le jeu politique de leurs représentants. Rappelez vous, après avoir hurlé, ils ont mis en oeuvre les 35 heures, car ils y ont trouvé des avantages. Et les politiciens de droite, malgré toutes leurs déclarations se sont bien gardé d’y toucher.

Au delà des idéologies, des mots-symboles, un homme politique en charge ou ayant l’ambition de gouverner tout un pays, doit mesurer non seulement les gains que son action peut entraîner, mais aussi les risques qu’elle peut engendrer.

La politique réclamée par les Frondeurs, indépendamment de la justice sociale dont elle se réclame présente trop de risque pour que je la soutienne.

Je choisis donc la politique de F Hollande, en croisant les doigts pour qu’il réussisse.

Post-Scriptum: Le silence des grands leaders de la Gauche, Hamon, Montebourg, Aubry, d’où sont issus les députés récalcitrants est assourdissant.

Et si nous causions de politique étrangère

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Le débat politique est focalisé actuellement sur la politique économique de François Hollande.
Pour être clair, je soutiens cette politique. Comme tous les gens de gauche, c’est vrai que j’aimerais plus de mesures sociales. plus de générosité vers les plus faibles.
Mais après la générosité de l’ancienne majorité vers les plus riches, qui a ajouté 600 milliards de dettes en cinq ans, le redressement des comptes de la nation est indispensable, si nous voulons garder notre indépendance financière et être capable dans le futur justement de financer une politique plus sociale.

En revanche je suis plus critique envers la politique étrangère actuelle, qui m’apparaît brouillonne et sans vision globale du futur.

Cette politique est orientée essentiellement sur le développement économique de la France à l’étranger, qui plus est avec une vision court terme. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais ce ne devrait pas être le seul but, même dans notre monde globalisé et apaisé (tout au moins en Europe).
Le rattachement du Commerce Extérieur et du Tourisme au Quai d’Orsay en est le parfait exemple. Les média et les commentateurs ont glosé sur la rivalité Montebourg – Fabius, mais ils n’ont pas, à mon sens, relevé la nature de ce rattachement. Avoir dans chaque pays, une politique économique cohérente et coordonnée sous l’autorité du représentant de la France me paraît une excellente chose. D’autres ont ironisé sur le Tourisme, ne voyant que l’aspect franchouillard de la chose, mais l’objectif est bien de faire venir le maximum de touristes étrangers chez nous et qu’ils y dépensent le maximum d’euros, les difficultés pour des citoyens d’un pays hors UE pour obtenir un visa dans le passé dans un consulat sont là aussi un bel exemple d’incohérence française.

Dans les bonnes choses (tout est relatif), il faut noter l’engagement de la France en Afrique. D’une part les opérations du Mali et de la RCA devaient être faites, à la fois pour préserver nos intérêts (pas d’hypocrisie), d’autre part pour éviter des guerres civiles et des massacres. Le rappel constant que ce sont les Africains qui doivent se gérer et que la France n’est là qu’en support, permet de penser que nous sommes sortis de cette Francafrique abominable des quinquennats précédents, même si les tentations sont toujours présentes.

Mes critiques sont au nombre de 3:

  • Le mutisme de la France au Moyen Orient du Liban à l’Egypte, en passant par Israël et la Palestine.
    Quoiqu’il se passe dans ces pays, aucune action n’apparaît, sinon des communiqués convenus, « regrettant », « déplorant », « encourageant » sans prise de position forte.
    Rien par exemple hier au point de presse du quai d’Orsay sur l’accord entre le Hamas et le Fatah en Palestine. Les diplomates sur place ne savaient pas qu’il y avait des discussions? ils n’avaient pas réfléchi à  cette éventualité? ils n’avaient pas dans leurs dossiers un scénario pour traiter cet événement?
  • Ne parlons pas de la Syrie et de la Lybie, où les actions diplomatiques sont inefficaces, par manque justement de vision long terme des précédents gouvernements .
  • Le manque d’initiative au Maghreb, pour relancer un pôle méditerranéen, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie, complètement foiré sous Sarkozy, mais qui pouvait être une bonne idée. Certes la situation politique interne de ces pays est actuellement confuse. Mais les liens historiques, même s’ils sont parfois douloureux, avec ces pays francophones permettraient de construire une communauté méditerranéenne, équilibrant les influences nordiques de l’Europe.
  • le suivisme de la politique US en ce qui concerne la Russie en général et l’Ukraine en particulier.
    Quels intérêts avons nous à nous mettre dans les pas des USA en ce qui concerne l’Ukraine? Quel gains en escomptons nous? Non seulement nous les suivons, mais, seul des pays de l’UE, nous rentrons physiquement et militairement dans leur dispositif, en disposant des avions dans les ex pays de l’Est, et en envoyant en Mer Noire 3 navires, une frégate Dupleix, un navire Dupuy de Lôme chargé de recueillir des renseignements électroniques, et l’Alysée une base de plongeurs des opérations spéciales.
    Alors que nous pourrions avoir une politique indépendante avec la Russie, pour développer nos relations avec le pays des BRIC le plus proche, nous avons un positionnement hostile envers elle et, refusons, par l’intermédiaire de l’UE toute ouverture.
    Même si actuellement, l’économie de la Russie n’est pas en grande forme, elle recèle d’immenses ressources naturelles et se positionne au Nord pour récupérer celles de l’Arctique. Elle comptera de plus en plus dans l’économie mondiale.
    Liée géographiquement à la Russie (et de plus en plus liée en politique étrangère)  la Chine aurait aussi intérêt à voir se développer un marché incluant l’Europe, la Russie, qui lui permettrait de transférer une partie de son économie essentiellement littorale vers ses provinces intérieures.
    Nous sommes en train de manquer une occasion splendide.
    (pour plus de détail sur ce point voir le congrès de Géopolitique qui s’est tenu à Grenoble avec pour thème: Eurasie, l’avenir de l’Europe?

Mais peu importe, la politique étrangère en France n’a jamais fait gagné un point de popularité dans les sondages, ni été un thème de campagne pour personne.